Certificats Biodiversité : mesurer l’impact sur le terrain

Pourquoi la biodiversité est un enjeu stratégique pour les entreprises ? Comment les certificats biodiversité fonctionnent-ils, pour aligner les impératifs des agriculteurs et les exigences des grandes entreprises ? Comment mesure-t-on l’impact sur le terrain ?

Retour d’expérience d’une entreprise impliquée dans le développement de la méthodologie et le déploiement des premiers projets agricoles de certificats biodiversité : Anca David, Directrice Climat et Nature chez Christian Dior Couture, accompagnée de Gwendoline Créno, Responsable Biodiversité chez Agoterra, Grégoire Even, Directeur de l’ONG Noé, et  Fabiola Flex, Présidente de l’OBC.

Urgence écologique et dépendance économique des entreprises

L'économie mondiale ne peut plus ignorer l'effondrement du vivant. Les données présentées lors de la conférence mettent en lumière une réalité chiffrée alarmante :

  • 55% du PIB mondial dépend directement des services écosystémiques.
  • En l'absence de prise en compte de la biodiversité, le PIB français pourrait enregistrer une baisse de 12% à 17% d'ici 15 ans.

Face à la diminution structurelle des fonds institutionnels (AFD, Banque Mondiale, etc.), le secteur privé doit impérativement prendre le relais. La préservation de la nature n'est plus une simple démarche idéologique ou culturelle, mais une condition sine qua non de la résilience des chaînes de valeur.

Le double défi des agriculteurs et des décideurs financiers

Le passage à l'action se heurte aujourd'hui à un paradoxe de terrain :

Côté agriculteurs

Selon le rapport du Shift Project cité lors des échanges, 93% des agriculteurs souhaitent s'engager dans la transition écologique. Cependant, 87% d'entre eux expriment un besoin critique de soutien financier pour y parvenir. Les pratiques vertueuses (plantation de haies, diversification floristique, régénération des sols) représentent des coûts d'investissement et des risques de pertes de rendement à court terme.

Côté entreprises

Les directions financières font face à un manque crucial de standards clairs, uniformisés et mesurables. Pour débloquer les budgets, elles ont besoin de garanties scientifiques permettant de quantifier précisément le gain écologique de leur investissement et d'éviter tout risque de greenwashing.

Certificats Biodiversité : Le futur standard du financement de la nature

Pour combler ce fossé, l'OBC (Organization for Biodiversity Certificates), en collaboration avec un collectif de pionniers (dont Agoterra, Noé et de grandes marques comme Christian Dior Couture ou La Banque Postale), ont développé un cadre méthodologique robuste.

Contrairement aux approches purement spéculatives, ce standard repose sur les actions et les pratiques concrètes mises en œuvre par les exploitants.

  • Une approche par étapes : la grille de pratiques est co-construite entre l'agronome et l'agriculteur sur une trajectoire de 5 ans, mesurant les niveaux initiaux et cibles.
  • Un label de confiance : l'auditabilité des pratiques est confiée à des organismes tiers reconnus comme Ecocert.
  • Une ambition internationale : pour créer un marché liquide et attractif pour les grands groupes globaux, des projets pilotes sont déployés simultanément en France (grandes cultures, lin, betterave) par Agoterra mais aussi au Pérou et en Côte d'Ivoire (agroforesterie) par d'autres acteurs membres de l'OBC.

Focus filière : le cas d'école du lin français

Le collectif a choisi de se concentrer dans un premier temps sur les Grandes Cultures. 

La maison Christian Dior Couture a partagé un exemple concret à travers sa stratégie Blooming Green (alignée sur l'initiative Life 360 de LVMH). L'accent est mis sur le lin, une culture d'avenir hautement stratégique :

  • La France est le premier producteur mondial de lin, concentrant 50% à 60% des volumes de fibres longues.
  • C'est une culture intrinsèquement vertueuse : elle nécessite 20 fois moins d'eau que le coton et s'avère neutre ou positive en carbone (carbon positive crop).

Investir dans les Certificats Biodiversité sur la filière lin permet aux entreprises de sécuriser leurs approvisionnements locaux tout en réduisant activement la volatilité des prix liée aux dérèglements climatiques.

Conclusions et perspectives 

L'enjeu majeur des Certificats Biodiversité réside dans leur capacité à transformer une contrainte environnementale en un levier de performance économique partagée. Le message des experts est clair : le coût de l'inaction sera toujours supérieur à celui de l'action. 

La prochaine étape cruciale est fixée au début de l'année 2027 avec la livraison de la première version officielle de ce système de certification. D'ici là, les efforts se concentrent sur l'intégration des dimensions sociales (gouvernance, juste rémunération des agriculteurs) en conformité avec les lignes directrices de l'IAPB (International Advisory Panel on Biodiversity Credits), ainsi que sur la publication de la méthodologie en open source pour en accélérer l'adoption globale.

En tant qu'entreprise à mission, Agoterra se positionne au cœur de cette dynamique. En structurant ces projets de terrain et en connectant les exploitants avec les financements d'entreprises engagées, Agoterra accélère le déploiement à grande échelle de la transition agroécologique, garantissant ainsi la résilience de nos territoires et la pérennité de notre modèle agricole.

Les Certificats Biodiversité vous intéressent pour votre stratégie RSE ? Contactez notre experte, Gwendoline Créneau : gwendoline@agoterra.com

Vous êtes agriculteurs et souhaitez vous impliquer dans cette démarche ? Contactez notre expert, Arnaud Andrieu : arnaud@agoterra.com

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