Les couverts végétaux

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les couverts végétaux : de quoi parle-t-on ? Pourquoi en mettre sur les parcelles agricoles ? Quels sont les freins et les leviers pour les agriculteurs ? Partons ensemble sur le terrain des couverts végétaux. 

Qu’est-ce qu’un couvert végétal ?

Un couvert végétal est une culture généralement non récoltée, mise en place entre deux cultures principales, et dont l’objectif premier est de couvrir le sol.  Par exemple, une céréale est généralement récoltée en été. Si la culture suivante est une céréale d’hiver, elle sera plantée autour du mois de novembre : il y a donc un intervalle de près de 3 mois, appelée interculture, pendant laquelle le sol est a priori laissé à nu. C’est encore plus vrai dans le cas d’un semis de céréale de printemps en seconde culture : dans ce cas, le sol risque d’être nu pendant tout l’hiver.

Or, un sol nu est un sol qui se fragilise beaucoup : il est laissé sans protection face au vent et à la pluie, ce qui entraîne l’érosion de la couche superficielle du sol. Cette couche superficielle est pourtant cruciale pour le bon développement de la culture suivante, car elle est particulièrement fertile, c’est-à-dire riche en éléments nutritifs pour les plantes. C’est pourquoi il est important de semer des couverts en interculture.

Un couvert de féverole

En fin d’interculture, les couverts sont généralement détruits artificiellement pour permettre le semis de la prochaine culture. Il existe de nombreuses méthodes pour cela : fauche, broyage, roulage, destruction chimique (sous certaines conditions)… Ce qui est généralement recommandé est de laisser un maximum de résidus de couverts sur la parcelle : ces résidus viendront entretenir la fertilité du sol. 

Il existe également des types de couverts particuliers, mis en place pour des usages précis. Par exemple les Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique (CIVE), destinées à alimenter des méthaniseurs pour produire de l’énergie sur la ferme, ou les Cultures Intermédiaires Exportées (CIE), récoltés comme fourrage. 

Pourquoi mettre des couverts sur ses parcelles agricoles ? 

Pour réduire l’érosion des sols

Couvrir le sol permet d’abord de limiter l’érosion. Ce phénomène entraîne une perte de la couche superficielle du sol qui est particulièrement fertile. C’est d’autant plus important en automne, période très pluvieuse. Le semis de couverts en automne et hiver est notamment obligatoire pour les exploitations situées dans des zones particulièrement vulnérables en termes de qualité de l’eau. 

Pour contribuer à la fertilité des sols

De plus, si la biomasse produite par les couverts n’est pas exportée, les résidus de plantes vont rester sur place et se désagréger sur la parcelle. Ils vont ainsi enrichir le sol en divers éléments importants pour la croissance de la culture suivante : azote, mais aussi phosphore, potassium, soufre… La matière organique restituée au sol stimule l’activité biologique des organismes du sol et contribue à la formation de l’humus, élément essentiel d’un sol bien structuré.

Pour favoriser la biodiversité

L’influence des couverts sur la biodiversité doit également être prise en compte. Un sol couvert est un sol vivant : la biodiversité s’y développe dans le sol comme au-dessus, et participe à la structuration du sol. On a des sols mieux agrégés et plus poreux, capables de conserver des réserves d’eau. Or un sol structuré a une influence directe sur le bon développement des cultures et la résilience de l’ensemble du système de culture.

Maintenir la biodiversité dans les champs est un enjeux majeur de la transition agricole.

Pour enrichir le sol en azote

Implanter un couvert est également l’occasion de mettre des légumineuses sur sa parcelle. Les légumineuses sont une grande famille de plantes, qu’on appelle Fabacées en agronomie. Elles jouent un rôle important vis-à-vis de l’azote : en effet, elles sont capables de réaliser une symbiose avec une famille de bactéries, les rhizobiums. Ces bactéries, en s’associant aux racines des plantes, forment des organes particuliers qu’on appelle les nodules ou nodosités. Ce sont des lieux d’échanges entre les bactéries et la plante. Notamment, les bactéries du genre rhizobium sont capables de fixer l’azote contenu dans l’air et de le restituer aux plantes sous forme assimilable par elles. Cela leur permet de contribuer d’une seconde manière à l’enrichissement du sol en azote.

Pour éviter les pertes d’azote par ruissellement

De plus, certaines espèces de plantes de couvert sont qualifiées de “pièges à nitrate”, ou “CIPAN” (Culture Intermédiaire Piège à Nitrate). Elles possèdent en effet de très bonnes capacités d'absorption des nitrates, donc sont capables de récupérer les nitrates restants dans le sol, qui n’auront pas été consommés par les cultures précédentes. Cela permet d’éviter que ces nitrates soient entraînées dans les profondeurs du sol jusqu’aux nappes phréatiques : on appelle ce phénomène le lessivage de l’azote. Absorbées par les CIPAN, les nitrates seront restituées au sol après destruction du couvert. Les meilleures espèces de pièges à nitrates sont la moutarde, le radis, l’avoine, le seigle.

Pour lutter contre les adventices

Semer un couvert végétal est aussi un moyen de lutter contre les “mauvaises herbes”, qu’on appelle adventices en agronomie. Ce couvert va entrer en compétition avec les adventices pour l’accès à la lumière et aux éléments nutritifs du sol, participant à leur affaiblissement et à leur disparition.

Pour contribuer à la diminution du bilan carbone de l’exploitation

Finalement, un couvert riche en biomasse contribue au stockage de carbone dans les sols. En captant le CO₂ de l'air par photosynthèse, les plantes transforment ce carbone en matière organique. Après la destruction du couvert, une partie de cette matière organique est restituée au sol, où elle peut contribuer à augmenter les stocks de carbone. Ainsi, les couverts végétaux participent à l'amélioration du bilan carbone de l'exploitation.

Le soja est une légumineuse, au même titre que les lentilles, les pois ou les cacahuètes.

Qu’est-ce qu’un couvert végétal efficace ?

Ainsi, un couvert végétal performant est dans l’idéal capable d’occuper rapidement l’espace, de produire une quantité importante de biomasse et de mobiliser différents leviers agronomiques grâce à la complémentarité des espèces. C’est pourquoi les mélanges multi-espèces sont généralement plus performants que les couverts monospécifiques. L’association de plusieurs familles de plantes permet en effet d’explorer différentes profondeurs de sol, de diversifier les systèmes racinaires et de cumuler plusieurs services agronomiques. Pour obtenir un couvert performant, il est donc souvent recommandé d’associer au moins trois familles botaniques. 

Quelles familles choisir ?

Les crucifères, comme le radis fourrager ou la moutarde, se distinguent par leur croissance rapide et leur capacité à structurer le sol en profondeur.

Les graminées, telles que l’avoine brésilienne ou le seigle, produisent une biomasse abondante et sont particulièrement efficaces pour piéger l’azote résiduel.

Les légumineuses, comme la vesce, le trèfle d’Alexandrie ou la féverole, contribuent quant à elles à l’enrichissement du sol en azote.

Le couvert idéal est donc composé de 1 ou 2 espèces de chacune de ces familles.

Quels freins à la mise en place d’un couvert végétal par les agriculteurs ?

Si la mise en place de couverts semble ainsi apporter de nombreux avantages, elle représente cependant un vrai investissement pour les agriculteurs. En effet, le coût des semences de couverts est particulièrement élevé : il varie beaucoup en fonction de la  composition du couvert, mais pour un mélange diversifié et de qualité, les prix vont de 20 à 150€/ha*. A cela, il faut ajouter le coût des travaux de semis, qui se répartissent en temps de travail de l’agriculteur, usure du matériel associé, consommation de carburant… ce qui représente 20 à 150€/ha*.

Semences de plantes de couvert. Sur cette image, on retrouve des semences de tournesol, de pois, de vesce, de moutarde…

C’est pourquoi l’“Implantation et extension de couverts végétaux” est l’un des leviers du Label Bas-Carbone : par l’intermédiaire du Label, les agriculteurs peuvent être rémunérés pour la mise en place de couverts.

Chez Agoterra, nous pouvons vous mettre en lien avec des agriculteurs qui réalisent des projets bas-carbone sur leurs fermes, pour vous permettre de les aider à financer ces projets. Ces projets fiables et locaux peuvent être en lien avec votre territoire ou votre chaîne de valeur. > Voir la carte des projets agricoles disponibles. 

Sources : 

*Chiffres issus d’une analyse économique relative à l’implantation de couverts végétaux réalisée par le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), Mars 2026. 

Pour approfondir : 

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