Fonds filière élevage durable : un collectif pour la transition
Comment financer la transition de filières agricoles communes à plusieurs acteurs ? Quelles sont les pratiques à encourager pour des filières bovines plus durables et plus résilientes ?
Agoterra accompagne trois acteurs de secteurs différents pour la transition de leurs filières d’élevage bovin, dans le cadre du tout premier projet collectif de transition agricole. Cette conférence réunit les représentantes des trois entreprises engagées dans le projet : Kering, Auchan, Bertrand Franchise, et est introduite par Francis Bucaille, agronome et éleveur spécialisé dans les filières bovines.

Élevage bovin : penser la transition collectivement
Face à la fragilité croissante des élevages bovins allaitants, les intervenants défendent une conviction commune : la transformation de la filière ne pourra se faire qu’à travers une réponse collective et systémique.
Pauline, Responsable Filières chez Agoterra, rappelle ainsi qu’« il n’y a pas d’agroécologie sans élevage », soulignant le rôle central des éleveurs dans les équilibres agricoles et environnementaux. Il faut éviter d'avoir une lecture réductrice de l’impact environnemental limitée au seul CO₂.
Francis Bucaille rapelle notamment que les prairies permanentes stockent du carbone et préservent la biodiversité, tandis que les filières bovines restent marginales dans les importations de soja d’Amérique latine, contrairement au porc et au poulet. Plus largement, il est nécessaire d’interroger les modèles de production et favoriser les pratiques dites "extensives", en parallèle de modes de consommation raisonnés de viande.
Quand le luxe, la distribution et la restauration s’allient
Kering, Auchan et Bertrand Franchise appartiennent à des secteurs différents, mais partagent une même dépendance aux filières bovines françaises.
Rachel Kolbe rappelle que les enjeux de transition de ces filières dépassent largement le prisme carbone : l’objectif est d’avoir la vision la plus systémique possible, et d’agir également sur les dimensions sociales, de biodiversité et de bien-être animal.
Chez Bertrand Franchise, après plusieurs projets de contribution, le passage à une initiative collective apparaît comme une suite logique : il s’agit de “créer un effet d’entraînement” pour que cette dynamique soit reprise par de nombreux autres acteurs, et permette la transition des systèmes agricoles à grande échelle.
Auchan, de son côté, insiste sur la nécessité de préserver une viande française de qualité dans un contexte où les consommateurs cuisinent moins et arbitrent davantage en fonction du prix.
Faire avant de communiquer
Tous les intervenants partagent la même prudence sur la valorisation auprès du grand public. Le mot d’ordre est clair : éviter le greenwashing. Avant de communiquer, il faut construire des indicateurs solides, accumuler des données et prouver que les pratiques mises en place produisent réellement des effets.
La démarche est pensée comme un travail de fond, progressif, avec un horizon de plusieurs années. En interne, en revanche, la mobilisation est déjà en marche : visites de fermes, sensibilisation des équipes, montée en compétence sur les réalités agricoles.
Les premières bases d’un projet ambitieux
Ainsi, ce fonds filière commun vise d’abord à créer une vision collective d’une filière incontournable et stratégique. L’objectif est de lancer un mouvement, en espérant qu’il se poursuive au-delà de ces premiers acteurs engagés. Finalement, il est aussi la preuve que des acteurs différents sont capables de s’associer pour des filières plus résilientes.
A présent, il s’agit de continuer à apprendre de cette collaboration pour mettre en place un projet solide, puis de monter rapidement à l’échelle en impliquant progressivement d'autres acteurs, pour engager une vraie transition de l’agriculture française.
Vous voulez rejoindre un fonds filière ? Contactez directement notre experte Pauline : pauline@agoterra.com





