La transition sera collective, ou ne se fera pas !

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La transition sera collective, ou ne se fera pas !

La transition de notre mode de production agricole est un maillon essentiel de la Stratégie Nationale Bas Carbone. 
Alors, comment mobiliser tous les parties prenantes pour accélérer l'évolution vers une agriculture régénératrice, durable, bas-carbone et résiliente ? C’est ce que vous allez découvrir ci-dessous avec Mathieu Toulemonde (CEO AGOTERRA), Samuel Vandaele (Président de France Carbon Agri Association), Gilbert Guignand (Président de la Chambre d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes) et Marion Leguiel (Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire).

Quel est le rôle de l’agriculture dans l’atténuation du changement climatique ?

Avant tout, l’agriculture tient un rôle principal dans notre société : celui de garantir une alimentation saine, sûre et durable pour l’ensemble de nos concitoyens. 

Aujourd'hui, elle détient un rôle supplémentaire qui est sa capacité à diminuer les effets du changement climatique, notamment en adaptant les pratiques et les innovations pour réduire ses émissions et séquestrer plus de carbone dans les sols.

Ce stockage de carbone est directement lié à l’autonomie et la résilience des exploitations : 

  • Plus un sol plus capte du CO2 plus il restitue de matière à la plante et permet donc d’augmenter sa capacité de production sans nécessairement avoir besoin de plus d’intrants
  • Au delà de la séquestration carbone, une augmentation de CO2 dans le sol permet de favoriser la décomposition en matière organique et en humus ce qui favorise l'installation de biodiversité supplémentaire

En somme, ce sont les agriculteurs les premiers qui font face au réchauffement climatique mais ce sont aussi les premiers à pouvoir en diminuer l’augmentation et en atténuer les changements. 

Mais qu’elles peuvent être les motivations pour un agriculteur pour se lancer dans sa transition bas carbone ? Elles sont multiples mais on peut en citer deux principales : 

  • Pour l’image : revaloriser l’image de l’agriculture qui a parfois pu être critiquée et permettre de voir la voir sous un autre angle : l’environnement à travers le sujet du carbone
  • Gains économique : un agriculteur qui se lance dans sa transition va permettre d’améliorer l’autonomie et la résilience de son l’exploitation

En fonction des régions, il y a aussi des initiatives qui se mettent en place pour inciter à la mise en place de projets carbone. Exemple avec la région Auvergne Rhône Alpes :  

  • Création de l’association DUNATER. l’Objectif  est de rémunérer l’agriculteur qui s’engage dans des démarches bas carbone
  • En lien avec le conseil régional : la demande d’un bilan carbone d’une exploitation apporte un plus sur la DJA (La dotation jeune agriculteur) pour inciter à cette démarche. 
  • Mise en place d’un projet de plan climat pour la région

Comment se met en place sur le terrain de transition bas carbone ?

Comment s'organise la labellisation des projets ?

Les enjeux de stockage et de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) grâce à l’agriculture font partie intégrante de la stratégie nationale bas carbone française. Aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre d’ici 2030 une réduction de 18% de GES pour le secteur agricole.

Ainsi, en 2019, l’Etat français a créé le label bas carbone qui vise à donner un cadre de certification de projets qui ont un impact positif pour le climat et qui permettent aussi de mettre en place de nombreux co-bénéfices. 

Le label s’applique aujourd’hui sur de nombreux secteurs (secteur agricole mais aussi forestier par exemple). 

Le label apporte une garantie de robustesse des projets : 

  • Les méthodes développées s’appuient sur des expertises scientifiques et sont issues de données terrain
  • Un audit indépendant valide le projet et la délivrance des crédits carbone
  • Volonté de transparence : les méthodes sont publiques, il est possible de consulter tous les projets sur internet. De plus, les bénéfices climatiques sont présentés de manière claire pour faciliter la transparence entre l’amont et les acheteurs. 

Pour le moment seulement entre 1% et 2% des agriculteurs se sont lancés dans cette transition mais on observe une véritable dynamique en avant avec plus de 400 projets labellisés et 1 million de tonnes de carbone potentiellement finançables. 💰

Quelles sont les étapes et l’accompagnement du projet ?

Le marché du carbone étant émergent, il est essentiel d’accompagner l’amont et notamment de former les acteurs agricoles aux méthodes mais aussi de faire de la pédagogie auprès des entreprises et de donner confiance aux acheteurs. 

Les agriculteurs peuvent être accompagnés, notamment au niveau des chambres départementales. Ces chambres sont les premiers faiseurs de formations au niveau national. Elles organisent des petits groupes pour faciliter les échanges et l’organisation entre les agriculteurs. 👨🏻🌾​

Concrètement, pour un agriculteur voilà les grandes étapes de la mise en place de son projet avec le label bas carbone : 

  • Avant toute chose il est important de savoir qu’il existe plusieurs méthodes labellisées par filières qui ont été établies notamment via France Carbon Agri : élevage ruminant, grandes cultures, la méthode viticulture va paraître au mois d’avril, et celles pour l’arboriculture, le maraîchage et l’énergie (biogaz et solaire) arrivent aussi bientôt. 
  • Un agriculteur qui décide de se lancer dans sa transition se rapproche d’abord de sa chambre d’agriculture pour effectuer un bilan sur l’ensemble des pratiques réalisées sur l’exploitation ces 3 dernières années. A partir de là, on va lui faire des recommandations pour diminuer et réduire les émissions et augmenter la séquestration de carbone. 
  • Puis l’agriculteur pourra choisir les préconisations qu’il souhaite mettre en place sur son exploitation pendant 5 ans
  • A la fin des 5 ans, un auditeur privé indépendant éditera les crédits carbone en fonction des tonnes de CO2 qui ont été économisées ou séquestrées grâce aux méthodes misent en place. 

Les entreprises qui décident de financer cette transition bas carbone d’agriculteurs viennent généralement pour 3 raisons majeures : 

  • Pour l’image de l’entreprise
  • Pour asseoir la stratégie RSE de l’entreprise et développer un sentiment d’appartenance et de fierté pour les salariés.
  • Pour s’inscrire dans une démarche globale de contribution volontaire et compenser leurs émissions résiduelles. 

La première préoccupation des entreprises en question est la localisation des projets : trouver des exploitations au plus près de l’entreprise pour apporter du sens à ce partenariat.

Un exemple avec Ecomiam, une entreprise qui a été accompagnée par France Carbon Agri et AGOTERRA : la mission a été de cibler des exploitations dans un rayon de 15 km autour de chaque magasin pour compenser les 150 tonnes d’émissions de chaque magasin. 🏪​

En conclusion, c’est ensemble que se fera cette transition. Il est essentiel d’accompagner les agriculteurs, les chambres, les collectifs dans leur transition grâce à des entreprises engagées au niveau local : rapprocher un financeur des acteurs de son territoire c’est une bonne manière de communiquer sur l’agriculture, ses services rendus et d’aborder le thème du carbone ainsi que celui des co-bénéfices. 

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